La journaliste vedette d’Al-Jazira Shireen Abu Akleh tombée sous les balles des forces de l’occupation israélienne

La journaliste vedette d’Al-Jazira Shireen Abu Akleh tombée sous les balles des forces de l’occupation israélienne

La reporter icône de la chaîne panarabe a été ciblé par les tirs, dans un raid de l’armée israélienne à Jénine, en Cisjordanie. Al Jazeera et des témoins, dont son producteur qui a reçu une balle dans le dos mercredi, ont déclaré qu’elle avait été tuée par des tirs israéliens.

La journaliste d’Al-Jazira Shireen Abu Akleh, icône de la couverture palestinienne, a été tuée par balle, mercredi 11 mai, alors qu’elle couvrait une opération militaire contre un camp de réfugiés de l’armée israélienne en Cisjordanie occupée.

La reporter vedette de la chaîne panarabe a été ciblé par les tirs, dans un raid de l’armée israélienne à Jénine, en Cisjordanie. Al Jazeera et des témoins, dont son producteur qui a reçu une balle dans le dos mercredi, ont déclaré qu’elle avait été tuée par des tirs israéliens.

Dans les images d’Al-Jazira, le corps de Shireen Abu Akleh gît inanimé au pied d’un arbre, mercredi, à l’entrée d’une ruelle du camp de réfugiés de Jénine. Sa consœur, la journaliste Shaza Hanaysheh, puis un jeune homme du camp, tentent de porter secours à cette vedette de la presse en Cisjordanie. Tous deux se ravisent à plusieurs reprises, craignant des tirs qui claquent, ponctuels, réguliers, sans rafales.

Les journalistes qui l’accompagnaient ont déclaré que les forces israéliennes avaient tiré sur eux alors qu’ils étaient clairement identifiables comme reporters.

Selon Mme Hanaysheh, leur groupe a été pris pour cible par des soldats israéliens, alors que ceux-ci menaient un raid dans le camp de réfugiés de Jénine (nord). « Il n’y avait pas de combattants là où nous nous trouvions, aucun (…). Ils nous ont tiré dessus directement et délibérément », affirme un producteur d’Al-Jazira, Ali Al-Samodi, qui a été, lui, touché sans gravité par une balle.

Abu Akleh était un journaliste très respecté au Moyen-Orient dont la couverture sans faille était connue de millions de téléspectateurs.

La mort de Shireen Abu Akleh a retenti dans toute la région. La journaliste de 51 ans est devenue un nom familier synonyme de la couverture par Al Jazeera de la vie sous occupation au cours de ses plus de deux décennies de reportage dans les territoires palestiniens, y compris pendant la deuxième intifada, ou soulèvement, qui a tué des milliers de personnes des deux côtés, la plupart eux les Palestiniens.

Le nom d’Abu Akleh a fait le tour de Twitter en arabe mercredi, enflammant les médias sociaux avec un soutien aux Palestiniens. Son image a été projetée sur la place principale de la ville de Ramallah, en Cisjordanie, alors que des personnes en deuil inondaient les bureaux d’Al Jazeera et sa maison familiale à Jérusalem-Est.

Sa mort, qui souligne le lourd tribut que le conflit continue d’imposer aux Palestiniens, qu’ils soient journalistes ou non, a profondément bouleversé ses collègues de la chaîne de télévision Al-Jazira. Ceux-ci décrivent tous une “pionnière” et une grande professionnelle, dont la rigueur journalistique faisait l’unanimité.

Abu Akleh a rejoint Al Jazeera en 1997, juste un an après le lancement du réseau révolutionnaire d’informations en arabe. Parmi ses nombreuses missions figuraient la couverture de cinq guerres à Gaza et la guerre d’Israël contre le Liban en 2006. Elle a rendu compte des expulsions forcées de maisons, des meurtres de jeunes Palestiniens, des centaines de Palestiniens détenus sans inculpation dans les prisons israéliennes et de l’ expansion continue des colonies juives.

Dans une vidéo d’Al Jazeera publiée l’année dernière, Abu Akleh a rappelé l’ampleur de la destruction et “le sentiment que la mort était parfois juste au coin de la rue” lors de sa couverture de la deuxième Intifada, de 2000 à 2005. “Malgré les dangers, nous étions déterminés à faire le travail”, a-t-elle déclaré.

“J’ai choisi le journalisme pour être proche des gens”, a-t-elle ajouté. “Ce n’est peut-être pas facile de changer la réalité, mais au moins j’ai pu communiquer leur voix au monde.”

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